Retentissement postural d'un déséquilibre de l'appareil
manducateur
A FAUGOUIN*
Introduction: Occlusion et posture.
Meyer en 1977 avait montré en traitant l'appareil manducateur
de certains patients qu'il améliorait leur contrôle
postural [1]. Meerseman [2] par ses travaux démontrait qu'une
normalisation de l'équilibre occlusal modifiait l'équilibre
postural des patients. Nahmani [3] en développant le concept
de système mandibulo-cranio-sacrée intégré
au concept posturo-kinésiologique place l'appareil manducateur
comme élément privilégié de l'équilibre
postural
Clauzade et Daraillans [4] élaborant le concept ostéopathique
de l'occlusion privilégie de même la place de l'équilibre
occlusal en rapport avec la posture. On sait que la position de
la tête détermine en partie les contacts dento dentaires
et réciproquement[5].
Rousié-Baudry [6] dans son approche de l'asymétrie
cranio-faciale élabore l'hypothèse de leur origine
occlusale en relation avec un déséquilibre postural.
Hartmann [7] dans son chapitre des etiologies des dysfonctions cranio-mandibulaires
citent les facteurs périphériques notamment posturaux
et traumatiques en faisant référence à Da Cunha
[8].
.Si la littérature nous fournit de nombreux exemples de relation
entre la posture et l'occlusion, les travaux de l.Bonnier [9]apportent
un début d'expérimentation, puiqu'ils montrent qu'une
modification de l'occlusion par le port d'une gouttière entraînent
une modification statistiquement significative du paramètre
de surface des enregistrements stabilomètriques, en situation
yeux ouverts uniquement. Les sujets recrutés pour cette étude
étaient tous des patients venant consulter pour un S.A.D.A.M.
*12, rue de liège 75009 Paris.
F Servière [10] et L Pacquelet [11] ont montré
l'influence de l'occlusion sur la posture par des études baropodographiques.
Ainsi le port de gouttières occlusales de repositionnement
mandibulaire peut changer significativement dans certains cas la cartographie
des pressions plantaires.
G Péninou et P Monthéard [12] souligne qu'une déformation
posturale de l'appui plantaire sera compensé au niveau sus-jacent
par des adaptations mécaniques et qu'à l'inverse un
déséquilibre de la colonne vertébrale ou du bassin
se répercutera au niveau du pied par une modification de l'appui
podal. Leur démonstration est d'explication bio-mécanique.
On peut proposer une hypothèse explicative qui passe par les
lois du tonus musculaire et de la proprioception qui doivent préserver
notre référence de verticalité et d'équilibre.
Un trouble proprioceptif ( blocage articulaire, trouble statique segmentaire
), par modification d'un équilibre tonique musculaire localisé
est un élément d'information qui va modifier l'équilibre
tonique postural global, perturber nos oscillations posturales et
modifier la perception de notre référence corporelle
dans son environnement. Roll [13].
Le système proprioceptif est représenté par les
chaînes musculo-articulaires [13].
Depuis Piret-Beziers [14], Struyft [15], Souchard et Mézieres
[16], le concept de chaînes musculaires permet de comprendre
les retentissements à distance d'un trouble proprioceptif localisé
ou d'un déséquilibre statique.
Ainsi tous ces travaux ont donnés naissance en ostéopathie
au concept de suite mécanique lésionnelle descendante
ou montante à partir d'une " lésion ostéopathique
" située au pied ou à la ceinture pelvienne. Richard
[17]
Ricard [18] décrit à partir d'une malocclusion sur la
première molaire mandibulaire droite une suite lésionnelle
d'adaptation physiologique qui induit une torsion droite de la symphyse
sphéno-basilaire , un iliaque antérieur gauche et un
iliaque postérieur droit avec un pied creux à gauche
et un pied plat à droite. A partir d'une chute sur la main
induisant une lésion du poignet une suite mécanique
lésionnelle s'installe qui aboutit à une lésion
de procondylie homolatéral au poignet.
Nahmani et all [19] selon le concept posturo-kinésiologiquze
parle de chaînes musculaires croisées antérieures
et postérieures (terminologie de Busquet L. [20]) ou de chaînes
antérieures et postérieures en dysfonction corrélées
à des dysfonctions de positionnement mandibulaire. Il établit
dés lors une relation étroite entre un déséquilibre
du système mandibulo-cranio-sacré et un déséquilibre
morpho-statique de la ceinture pelvienne notamment.
Objet de l'étude
Nous avons voulu essayer de mettre en évidence les effets d'une
modification de l'équilibre occlusal de sujets exempts de toute
pathologie de l'appareil manducateur sur l'équilibre postural.
Nous avons choisi de contrôler ces effets par une étude
stabilomètrique et par une étude clinique. Pur la première
nous possédons un moyen de contrôle instrumental relativement
indépendant de l'observateur avec la plate forme de stabilomètrie
clinique. Pour la seconde nous avons examiné le tonus postural
des sujets par une batterie de tests posturaux et un examen clinique
morphostatique de la ceinture lombo-pelvienne et des membres inférieurs.
Matériel
La plate-forme de stabilomètrie clinique utilisée est
conforme aux normes définies par l'Association française
de posturologie [21]. Le traitement informatisé du signal permet
d'extraire des paramètres qui sont normalisés.
L'examen clinique comprend, un examen du tonus postural composé
de trois tests posturaux,
le test des extenseurs ( Guillaume) [22], le test des rotateurs (Autet)
[23], et le test de Fukuda [24]. Il est complété par
un examen clinique lombo-pelvien en décubitus et procubitus
afin de comparer la position des EIAS ( épine iliaque antéro-supérieure),
des EIPS (épine iliaque postéro-supérieure),
et la mesure clinique de longueur des membres inférieurs en
prenant comme référence les malléoles internes.
Cet examen nous permettra de comparer la position du bassin dans l'espace
lors des changements d'occlusion.
Le downing test [17] nous permet d'apprécier la mobilité
des os iliaques et des articulations ilio-sacrées. Nous avons
procédé à un examen occlusal à la recherche
de sujets présentant les critères de normocclusion,
nous avons noté, la dimension verticale, l'alignement des freins,
la cinématique mandibulaire, l'horizontalité du plan
maxillaire [ Rousié-Baudry] [6], les édentations, le
confort occlusal, l'occlusion croisée, les parafonctions, les
bruits et craquements, la classe d'Angle et l'historique de traitement
orthodontique.
Echantillon
Notre objectif était de recruter des sujets qui ne présentaient
pas de syndrome de déficience posturale ni de pathologie occlusale.
Nous avons sollicité parmi nos relations dans le milieu de
la danse, des volontaires, danseurs ou danseuses professionnelles
ou élèves qui accepteraient de participer à cette
étude. En effet le protocole dure entre 60 et 75 minutes et
il était préférable d'avoir des sujets capable
de répéter des test sans fatigue.
Nos critères d'inclusion étaient, l'absence de pathologie
musulo-articulaire chronique ou aiguë,une normocclusion, un examen
stabilomètrique normal en situation yeux ouverts, yeux fermés,
et en intercuspidation yeux ouverts et yeux fermés et une réponse
physiologique aux tests posturaux en situation yeux ouverts, yeux
fermes, et en intercuspidation yeux ouverts et yeux fermés.
30 volontaires se sont présentés. 5 sujets n'ont pas
participés car ils présentaient une pathologie rachidienne.
5 sujets n'ont pas été inclus après l'examen
occlusal. 4 sujets avaient un examen postural normal mais un examen
stabilomètrique hors normes.
La cohorte retenue pour les résultats de l'étude est
de 16 sujets entre 21 ans et 34 ans ,12 femmes et 4 hommes.
Méthode et protocole
Pour chaque sujet après l'interrogatoire et l'examen occlusal,
les enregistrements stabilomètriques et l'examen clinique ont
été répétées en situation d'inocclusion
de repos mandibulaire, puis en situation d'intercuspidation habituelle
et avec une interposition occlusale à droite puis à
gauche ou inversement placée entre les molaires et prémolaires
de 0,2 mm d'épaisseur, de 0,8 mm de large et de 25 mm de long.
(Entre chaque situation le patient était invité à
déglutir et à marcher en décrivant des huit).
La séance débutait par un enregistrement stabilomètrique
en situation yeux ouverts , yeux fermés, puis par le test de
fukuda en situation tête neutre, puis tête en rotation
droite et rotation gauche, le test des extenseurs en situation yeux
ouverts, yeux fermés, tête en rotation droite et rotation
gauche, le test des rotateurs ( rapide) en situation yeux ouverts,
yeux fermés, tête en rotation droite et rotation gauche,
un examen lombo-pelvien et longueur des membres inférieurs
et le Downing test.
Résultats
1- Tableau de l'examen occlusal
ll faut noter la difficulté à trouver des sujets qui
répondent aux critères de normocclusion définis
plus haut. Seulement 5 sujets obéissent totalement à
ces critères.(Fig 1)
Fig 1- Tableau résumant l'examen occlusal
| |
Classe |
DVO |
Aligne freins |
Maxil |
Edent |
Zig-Zag |
Sympto |
0rtho |
Stabilo |
| 1 |
1 |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
| 2 |
1 |
N |
GHE |
N |
24 |
N |
N |
N |
N |
| 3 |
1 |
N |
N |
HT GHE |
N |
N |
N |
N |
N |
| 4 |
1 |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
| 5 |
1 |
N |
N |
HT GHE |
N |
N |
N |
N |
N |
| 6 |
2 |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
| 7 |
1 |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
0 |
N |
| 8 |
1 |
- |
GHE |
HT GHE |
N |
N |
N |
N |
N |
| 9 |
1 |
N |
Droite |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
| 10 |
1 |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
| 11 |
1 |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
| 12 |
1 |
N |
GHE |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
| 13 |
1 |
- |
GHE |
N |
23 |
N |
N |
N |
N |
| 14 |
1 |
N |
GHE |
HT DTE |
N |
N |
N |
N |
N |
| 15 |
1 |
N |
GHE |
HT GHE |
N |
N |
N |
N |
N |
| 16 |
2 |
- |
GHE |
N |
N |
N |
N |
N |
N |
1- Résultats stabilomètriques:
Pour chaque situation il a été procédé
à l'analyse statistique de tous les paramètres définis
par l'Association française de posturologie. Nous ne présentons
que les résultats significatifs. Il existe une différence
statistique significative entre les mesures obtenues en occlusion
de repos et en interposition occlusale à droite pour le paramètre
LFS uniquement en situation yeux ouverts à p < 0,05 .
2 - Résultats du test des extenseurs
Pour les 16 sujets retenus 14 en situation d'interposition occlusale
à gauche yeux ouverts (yo-io-ghe) et 15 en situation d'interposition
occlusale à droite yeux ouverts ( yo-io-dte) montrent une hypotonie
des extenseurs de la main homolatéral à l'interposition
. En situation yeux fermés il n'y a pas de modification.
3 - Résultats du test des rotateurs.
Similitude de résultats par rapport aux tests des extenseurs
puisque 14 en situation yo-io-ghe et 15 en situation yo-io-dte présentent
une hypotonie des rotateurs externes du membre inférieur homolatéral
à l'interposition en yeux ouverts et pas de modification en
yeux fermés.
4 - Résultats de l'examen clinique lombo-pelvien. (Fig 2)
Il n'y a pas de différence entre la situation neutre et la
situation d'intercuspidation. La situation d'interposition latéralisée
entraîne une modification du schéma lombo-pelvien à
type d'ascension iliaque homolatérale ou controlatérale
à l'interposition.
Fig 2 - Tableau résumant l'examen clinique du
schéma lombo-pelvien. L'ascension iliaque indique que les EIAS
et EIPS ipsilatérales sont plus hautes en décubitus
que celles du coté opposé.
| |
IO gauche |
IO droite |
| Ascension iliaque gauche |
6 |
5 |
| Ascension ilique droite |
3 |
2 |
5 - Résultats du downing test. (Fig 3)
Si l'intercuspidation ne modifie pas le downing test, l'interposition
occlusale modifie le downing test sans que l'on puisse mettre en évidence
une quelconque systématisation.
Fig 3 Tableau résumant les résultats du downing test,
io = interposition occlusale. Iliaque ant et post indiquant la mobilité
plus importante de l'iliaque par rapport à un axe de rotation
sacro-iliaque transversale passant par le ligament axile.
| |
IO droit |
IO gauche |
| Iliaque ant droit |
8 |
3 |
| Iliaque ant gauche |
0 |
2 |
| Iliaque post droit |
3 |
3 |
| Iliaque post gauche |
5 |
5 |
6 - Résultats du test de Fukuda.
La situation d'intercuspidation ne modifie pas de manière significative
le test de fukuda. La situation d'interposition occlusale latéralisée
montre une asymétrie de réponse.
Analyse des résultats
L'intercuspidation habituelle ne change pas les enregistrements stabilomètriques,
ni l'examen clinique postural pour ces sujets dont l'occlusion ne
répond pas à tous les critères énoncés
de normocclusion. Nous pouvons donc penser que des défauts
d'occlusion ne deviennent pathologiques que s'ils s'y surajoutent
d'autres facteurs (stress, traumas..). C'est le principe de sommation
défini par Hartmann.
Seul le paramètre LFS pour la situation en interposition occlusale
latéralisée à droite est significatif sur le
plan statistique à p < 0,05. Ce paramètre indique
la dépense d'énergie du système pour maintenir
sa verticalité. Qu'il apparaisse uniquement à droite
peut correspondre à l'habitude du coté travaillant spécifique
à chaque sujet. Il me semble que le peu d'effectifs ne permet
pas de tirer des conclusions définitives.
L'interposition occlusale latéralisée modifie le tonus
musculaire des extenseurs des mains et des muscles rotateurs externes
de hanche en provoquant une hypotonie homolatérale à
l'interposition en situation yeux ouverts uniquement. Ceci confirme
ce que l'on sait déjà sur les relations entre l'appareil
manducateur et le fonctionnement du système oculomoteur, ainsi
que sur les lois du tonus musculaire exploré par les différents
réflexes posturaux.[25].
Cette modification du tonus musculaire des membres par l'interposition
occlusale latéralisée se retrouve sur l'axe rachidien,
et explique la modification de la position de la ceinture pelvienne
dans l'espace et de la mobilité sacro-iliaque enregistrée
au Downing test.. L'inégalité apparente des membres
inférieurs alors observée n'en est que la conséquence.
Discussion
Il est clair que le choix de l'interposition est discutable. L'objectif
était de montrer qu'une modification de l'occlusion pouvait
retentir sur la posture quelque soit la nature de cet effet.
Connaissant la sensibilité parodontale nous aurions pu choisir
une interposition plus fine et plus localisée, et nous savons
par ailleurs que les réactions posturales sont d'autant plus
importantes que les stimulations sont minimes. Pratiquement il était
difficile de réaliser une telle interposition sans l'intervention
d'un dentiste pour fixer l'épaisseur sur une dent, et nous
n'aurions pas eu la certitude de la répétition de l'effet.
L'interposition choisie garantie en grande partie de la répétabilité
chez chaque sujet de l'effet de la modification occlusale. Nous pouvions
dès lors considérer qu'elle répondait à
notre objectif.
La totalité des sujets ne répondait pas à tous
les critères de normocclusion mais nous les avons néanmoins
inclus dans l'étude parce que leurs examen clinique et stabilomètrique
pouvaient être considérer comme normaux en position de
repos et en situation d'interciuspidation habituelle. Seulement 6
sujets étaient en normocclusion stricte et leurs résultats
confirment les résultats de l'ensemble. Ceci doit certainement
inciter à interpréter les troubles d'occlusion minimes
par rapport à leur retentissement postural et par extension
intégrer le syndrome S.A.D.A.M dans le contexte clinique plus
vaste du syndrome de déficience postural.
Conclusion
Nous pouvons dire qu'une modification de l'équilibre occlusale
retentit sur l'équilibre postural en adaptant le schéma
morphostatique du sujet par modification de la répartition
de l'équilibre tonique musculaire.
La variation du tonus musculaire semble obéir à une
loi particulière en ce qui concerne l'appareil manducateur
qui peut se définir ainsi:
" La surocclusion entraîne une hypotonie des muscles extenseurs
des mains et des rotateurs
externes de hanches homolatérale, en yeux ouverts uniquement.
En yeux fermés il n'y a pas
de modification. ". Cela confirme en partie les travaux de Marino
A et all [26].
La différence entre yeux ouverts et yeux fermés pourrait
constituer un test différentiel
permettant d'affirmer l'origine occlusale d'un trouble postural puisque
cette différence ne
semble pas exister dans les autres origines de troubles posturaux
sauf visuel.
L'enregistrement stabilomètrique s'il est nécessaire
à l'élaboration d'un diagnostic de
syndrôme de déficience posturale peut se révéler
insuffisant pour établir un diagnostic
différentiel.
Tout déséquilibre statique de la ceinture pelvienne
avec inégalité apparente des membres
inférieurs doit en faire rechercher une origine occlusale.
Bibliographie
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dans la régulation tonique posturale orthostatique. Intérêt
de l'examen systématique du système manducateur chez
les sportifs de haut niveau. Thèse Université R. Descartes,
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11 - PACQUELET L. Influence de l'occlusion sur la posture. Approche
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12 - PENINOU P., MONTHEARD M. - Association des déformations
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13 - ROLL JP. Contribution de la proprioception musculaire à
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26 - MARINO A, VILLENEUVE Ph, FANTILLI F. Applicazione Clinica dei
riflessi posturali. Postura occlusione rachide HM DA Cunha, A Césarini,
R Ciancaglini, E Lazzri, P Sibilla, Vol III, 1995, 303-308
Retentissement postural d'un déséquilibre
de l'appareil manducateur
A FAUGOUIN*
Résumé
Depuis Meyer en 1973 on sait que le déséquilibre de
l'appareil manducateur peut retentir sur le système postural.
Nous avons voulu étudier le retentissement chez le sujet présentant
une normocclusion et sans syndrome postural, d'un déséquilibre
occlusal sur le plan clinique et stabilomètrique.
L'étude a portée sur 16 patients dont on a comparés
les variations des réponses aux tests cliniques posturaux et
aux enregistrements stabilomètriques, en situation de repos,
d'intercuspidation, et de déséquilibre occlusal à
droite et à gauche.
Les résultats montrent qu'il n'y a pas de modification statistiquement
significative sur les paramètres stabilomètriques dans
toutes les situations. Par contre l'ajout d'une épaisseur occlusal,
entraîne une réponse hypotonique des muscles extenseurs
des mains et des rotateurs externes de hanche homolatérale
à l'ajout, en yeux ouverts uniquement.
Nous avons constaté également une modification significative
du schéma morphostatique de la ceinture pelvienne en décubitus
sans systématisation possible. Connaissant les autres lois
de variation du tonus musculaire à une stimulation, nous pensons
que la différence entre la réponse yeux ouverts et yeux
fermés, consécutif au déséquilibre introduit
par l'ajout, peut être significative d'une origine occlusale
d'un trouble postural.
*12, rue de liège 75009 Paris.
Fig 1- Tableau résumant l'examen occlusal. N signifie normal,
O un traitement orthodontique, ghe ou dte signale le coté gauche
ou droit.
Fig 2 - Tableau résumant l'examen clinique du schéma
lombo-pelvien. L'ascension iliaque indique que les EIAS et EIPS ipsilatérales
sont plus hautes en décubitus que celles du coté opposé.
Fig 3 : Tableau résumant les résultats
du downing test, io = interposition occlusale. Iliaque ant et post
indiquant la mobilité plus importante de l'iliaque antérieurement
et postérieurement par rapport à un axe de rotation
sacro-iliaque transversale passant par le ligament axile.